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superzoom @ New Galerie,  Charles Hascoët,  Yuki_Snow_In_July

16 janvier - 30 janvier 2021

2 rue Borda, 75003  

A l'occasion de son invitation par la New Galerie, superzoom présente une exposition personnelle de Charles Hascoët : yuki_snow_in_july. Le projet consiste en une série de petits formats peints à l'huile et reproduisant “d'après photo” les publications Instagram d'un chat : yuki_snow_in_july. Instagram a vu éclore un ensemble de mèmes, de selfies, de trends tendant à la promotion de chacun par soi-même. Parmi les succès paradoxaux de cette diffusion du 2.0 : les chats.

 

Dans une certaine tradition de la peinture de portrait, la série repose sur des éléments biographiques de l'artiste et du modèle. Il y a trois ans, Charles Hascoët offre à Marion Dana, qui tient la New Galerie, une petite chatte blanche, nommée Yuki. Comme nombre de propriétaire de chat, Marion Dana a choisi de créer un compte Instagram pour son chat.

Marion Dana se situe dans une tradition « culturelle » de personne à chat(s) : auteurs, musiciens, galeristes... dont les chats ont au cours du 19ème et du 20ème  siècle été plus ou moins revendiqués et exposés:  sur un bureau, au cours d'une interview. La manière dont les chats se glissent dans les espaces privés, publics, sentimentaux – ou juste étroits - est bien connue. Yuki a fini par se glisser dans la galerie. Charles Hascoët se place le contexte du portrait de commanditaire, celui-ci étant tout à la fois le sujet et l'objet de la peinture. Mais qui se met en scène, qui flatte qui, qui se voit dans qui? Yuki dans Marion dans Charles ? Ou inversement.

 

Les compositions des tableaux reprennent les cadrages des photographies Instagram, relativement normés, puisque l'image est destinée à être « lisible » sur l'écran d'un téléphone portable. L'artiste continue d'ailleurs ce jeu de transpositions : il titre les tableaux en reprenant les légendes du compte, hashtags et emojis inclus.

Les rares fois où un humain apparaît dans les peintures Charles Hascoët, il est « coupé », on ne voit pas son visage. Telles les visions animalières des cartoons type Tom and Jerry et, où les seuls aspects du propriétaire sont ses chaussons, comme un rappel ponctuel à la réalité.

 

L'ensemble de la série a été peinte pendant le confinement, le travail en studio de l'artiste trouvant comme un écho dans le « désœuvrement » d'un propriétaire n'ayant plus que son chat pour s'occuper.

Il semble que la présence d'animaux domestiques ait contribué à une certaine amélioration de la santé mentale de la population dans cette période de confinement. Mais les portraits en regard de Yuki, Marion et Charles semblent plutôt évoquer les questions de quoi faire de soi-même (et de son chat).